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Le Canada-Français - 8 octobre 2008
Par Louise Bédard
Claude Bachand ne semble pas s’inquiéter d’une coalition libérale-conservatrice qui existerait dans le comté de Saint-Jean pour tenter de le battre et y déloger le Bloc québécois. «Ce n’est pas parce que trois ou quatre millionnaires se réunissent que le monde va les suivre automatiquement. Des libéraux veulent même voter pour nous parce que le vent de droite fait peur et qu’à Saint-Jean, le Bloc est plus apte à barrer la route à Harper», réplique-t-il.
C’est d’ailleurs son message avant que les électeurs ne s’apprêtent à déposer leur bulletin dans l’urne. Claude Bachand dit avoir constaté dans son porte-à-porte que la politique de Harper d’imposer des peines de prison à vie à des jeunes de 14 ans a ouvert les yeux de bien des électeurs et aurait relégué bien loin le débat sur l’utilité du Bloc.
Quelle que soit l’allure inusitée de la campagne électorale dans Saint-Jean, Claude Bachand mène la sienne, à sa façon habituelle, parcourant sans relâche le comté pour voir le plus de gens possible. Il dévoile chaque semaine un thème de son programme touchant l’économie, l’environnement, la famille ou le centre-ville.
Il serre des mains à la sortie des usines, cogne à des milliers de portes pour saluer les électeurs, rencontre les jeunes dans les bars les soirs de fin de semaine, visite les gens âgés dans les résidences. Même si ses pieds le font souffrir, il a repris inlassablement son porte-à-porte.
Peu importe s’il fait face à des candidats sans expérience politique et que les sondages donnent le Bloc gagnant dans les comtés francophones de la grande région de Montréal, M. Bachand ne s’assoit pas sur ses cinq victoires précédentes. Il continue à faire valoir sa détermination à représenter les intérêts du comté. Son comité électoral peaufine l’organisation jusque dans les moindres détails. Par exemple, aux électeurs de l’île Sainte-Thérèse, le bloquiste distribue un carton illustré d’une photo du pont numéro 9 de l’île Sainte-Marie sur le canal. Dans son message, il les informe des démarches faites auprès du ministre Cannon et indique travailler en étroite collaboration avec le conseiller municipal Robert Cantin pour la construction d’un nouveau pont à deux voies.
PRÉSENCE
Vendredi midi, le vote par anticipation débute. Ça bourdonne d’activités à son comité électoral. Sur une grande carte du comté, on peut voir en bleu les rues déjà parcourues par le candidat depuis le déclenchement des élections. Il s’est rendu dans toutes les municipalités rurales et il poursuit maintenant sa tournée des commerces et des résidences de Saint-Jean.
À la ministre Josée Verner qui le qualifiait de frondeur en voulant s’attribuer du mérite dans la réouverture du Collège militaire royal (CMR) de Saint-Jean, Claude Bachand rétorque: «J’aime mieux être frondeur que d’avoir été incapable comme elle de faire reconstruire le manège militaire de Québec à la veille du 400e anniversaire.
Ils savent, ajoute-t-il en parlant de ses adversaires, que j’ai appliqué de la pression, multiplié les questions en Chambre. Ils ne peuvent pas nier le travail de Claude Bachand.»
Il veut maintenant travailler pour le rétablissement de l’enseigne ment universitaire au CMR. Il veut réanimer aussi le projet de construction d’une école de langues sur le terrain du Campus. Il s’engage aussi à faire pression pour la concrétisation d’un projet d’hôpital pour soigner les recrues à la garnison. Par ailleurs, il voit d’un bon oeil la demande de la municipalité de Sainte-Brigide de rattacher le terrain de la garnison de Farnham à son territoire. Le comté de Saint-Jean compterait un troisième pôle militaire, fait-il observer.
ÉCONOMIE
Claude Bachand voit aussi son rôle de député comme celui d’un «entremetteur» au sens d’intermédiaire. Depuis 2000, il est membre du comité de la Défense de la Chambre des communes et côtoie des parlementaires des pays membres de l’OTAN. Ces relations qu’il entretient peuvent être utiles aux entreprises d’ici oeuvrant dans le milieu militaire, fait-il valoir. Je participe toujours aux journées nationales de ces pays et rien n’empêche que j’y amène des gens d’affaires d’ici pour les mettre en contact, explique-t-il.
Sur le dossier du prolongement de l’autoroute 35, de concert avec son collègue du comté de Brome-Missisquoi, il veut savoir où en est rendu le dossier à Ottawa puisque l’autorisation du ministre de l’Environnement est toujours attendue.
Sur le train de banlieue avec lequel il est d’accord, l’idée n’est pas d’enlever des autobus, mais des voitures sur la route, explique-t-il. Il faut faire quelque chose pour l’environnement, lance-t-il en faisant remarquer que nous avons des signes constants des changements climatiques avec la fonte des glaces, les tempêtes violentes, etc.
Répondant à la demande de l’organisme Rues principales Vieux-Saint-Jean ayant invité tous les candidats à se prononcer sur la revitalisation du centre-ville, M. Bachand s’engage à travailler à un projet de zone franche douanière qui irait jusqu’aux écluses du Richelieu pour exempter les plaisanciers de taxes. Pour souligner le 400e anniversaire du passage de Champlain en 2009, il aimerait voir revivre l’Ordre du bon temps pour réunir les maires américains du lac Champlain et des élus d’ici.
Quand on questionne le député sortant sur son avenir politique à plus long terme, Claude Bachand dit prendre un mandat à la fois. De son côté, le Bloc n’aura-t-il pas une réflexion à mener au terme de cette campagne? Oui, ne cache pas le candidat qui signale par ailleurs qu’après chaque scrutin, son parti trace toujour un bilan de sa campagne. ■ |